Actions alimentaires

Actions Mail-Mali: 2000-2014


Le mil




Il faut savoir que l'aliment de base au pays Dogon est le mil, une céréale peu exigeante en eau, donc bien adaptée au climat local ;cependant, il lui en faut tout de même un minimum ; un bon hivernage(saison des pluies, de juin à octobre) est donc nécessaire.
Quant à arroser les champs, c’est là une solution irréalisable,faute de moyens techniques et financiers d’une part, mais aussi faute d’une nappe phréatique suffisante ; cette dernière permet, certes, de satisfaire aux besoins de la population et du bétail et d’arroser quelques cultures vivrières,mais en aucun cas de combler le déficit pluviométrique.

Les sécheresses


Suite à une pluviométrie déficitaire en 2000, 2002, 2004 et 2005, les épis de mil ne sont pas arrivés à maturité, les agriculteurs n’ont presque rien récolté.

De plus, en 2004, la situation s'est compliquée par l'invasion d'essaims de criquets pèlerins, qui ont tout dévasté, essentiellement à l'est du Plateau Dogon.
Dans l'impossibilité où nous nous trouvons d'enrayer la sécheresse et son lot de malheurs, mais sans que cela nous empêche d'y réfléchir, il nous a paru utile d'intervenir tout de suite, dès le mois de novembre, en achetant du mil (produit dans le pays) et en le distribuant mensuellement et équitablement.

Bien sûr, il vaudrait mieux pouvoir agir afin d’éviter la répétition de telles catastrophes,mais nous n’avons ni les moyens, ni les armes pour nous attaquer à un tel problème. D’autres organismes spécialisés (certains sur place) cherchent des solutions ; ils sont spécialisés dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’irrigation ou du reboisement, mais c’est là une tâche extrêmement complexe dont les résultats ne sont pas pour demain. Alors, en attendant, il ne nous paraît pas vain de réagir aux très lourdes conséquences de cette sécheresse et d'intervenir.

Conséquences


Les conséquences de cette sécheresse sont nombreuses, diverses et graves : les forces vives quittent les villages pour les villes, dans l’espoir, souvent vain, d’y trouver du travail. Déjà pauvres,les familles vont consacrer leurs maigres revenus à acheter des céréales, dont le prix ne va cesser d’augmenter au fil du temps, et elles n’auront plus les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école. Ainsi, bien des jeunes se retrouveront perdus dans des grandes villes, proies faciles pour les embaucheurs de plantations de café ou de cacao étrangers, qui les soumettront au travail forcé, esclavage pur et simple. Enfin, en l’absence des hommes, les femmes auront seules à supporter toutes les responsabilités économiques,sociales et éducatives.


Quelques témoignages* :

- le médecin de Bandiagara nous confirme que les cas de malnutrition ne cessent de se multiplier parmi les enfants (état de faiblesse, œdèmes, diarrhées, taches de la peau…)
- un jeune agriculteur nous dit avoir déjà dû vendre, à vil prix, 6 de ses 22 moutons pour subvenir aux besoins de sa famille
- un autre nous apprend qu’aucun de ses manguiers ne porte de fruits, les fleurs ayant séché, faute d’eau
- un chef de quartier raconte qu’une femme de son voisinage s’est résignée à vendre la plupart de ses marmites
- les plus aisés se voient obligés de nourrir un nombre croissant de bouches
- l’un d’eux, qui avait investi 200'000.-FCFA (CHF 500.-) pour l’ensemencement de ses champs, n’a récolté que pour 30'000.-FCFA (CHF 75.-)
- on compte 15% d’animaux morts parmi le gros bétail, et la traite d’une vache ne remplit pas même un verre de lait
- les artisans n’ont plus de travail, par manque de clientèle, donc plus de moyens
- les femmes déplorent que le prix des condiments ait doublé

*    Si nous n’avions pas interrogé les gens, nous aurions été incapables de vous faire part de ces témoignages; en effet, ils n’en parlent pas, n’émettent aucune plainte, non tant par résignation que par dignité et discrétion. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi ceux rencontrés dans cette région sinistrée, où les activités économiques ont pratiquement cessé, vu qu’ils consacrent leurs maigres revenus exclusivement à l’achat de nourriture.

C’est donc dans ce contexte-là que s’inscrivent nos actions,fortement appréciées sur place, et dont nous sommes chargés de  remercier,  au nom de toute la population bénéficiaire, l'ensemble de nos donateurs.

Les secours alimentaires


Sitôt que l'Association a eu connaissance de la situation, elle s’est mobilisée afin d'éviter que la menace de la disette ne tourne à la catastrophe (famine, exode massif, surmortalité infantile...).



La distribution


Primitivement assurée par M. Hablo Bâ, la distribution a par la suite été confiée aux 8 chefs de quartiers de la ville de Bandiagara, afin de décharger notre ami Bâ, cette tâche étant devenue trop lourde à porter pour un homme seul, tout dévoué qu'il fût.
Suite à la naissance de l'association Mail-Mali de Bandiagara, c'est à elle qu'est dorénavant confiée la délicate tâche de la distribution.


 


Les bénéficiaires


Afin de ne pas transformer les bénéficiaires en assistés, une modique somme d’argent leur est demandée, somme qui assure les frais de transport et permet d'acheter quelques sacs de supplémentaires. Les plus démunis, cependant, reçoivent ces céréales gratuitement.

Nos interventions 


Distribution de mil ou de riz durant 10 ou 12 mois, essentiellement à Bandiagara, mais aussi dans divers villages avoisinants.


2000-2001, Action "Mil-Mali" cf info 9
2002-2003, Action "Greniers Dogons" 
cf info 12
2004-2005, Action "Criquets" 
cf info 16
2005-2006, Action "J'ai faim" 
cf info 18
2008-2009, Action "sous = riz "
cf info 24
2011-2012, Crise alimentaire cf infos 30, 31, 32
2013-2014, Secours alimentaire (Gao+Bgara)
cf infos 35 et 36


Bilan
2000-2001, Action "Mil-Mali" distribution de 169 tonnes de mil
2002-2003, Action "Greniers Dogons" distribution de 3'334 sacs de céréales
2004-2005, Action "Criquets" distribution de 2’111 sacs de céréales
2005-2006, Action "J'ai faim" distribution de 1’582 sacs de céréales
2008-2009, Action "sous=riz" distribution de 32,9 tonnes de céréales
2011-2012, Crise alimentaire distribution de 85,71 tonnes de céréales
2013-2014, Secours alimentaire (Gao+Bgara)
distribution de 155 tonnes de céréales