info 3, novembre 1997


Djiguibombo : historique, inauguration et 1ères leçons


Presque dix-huit mois après le lancement de notre action « Fermer notre école pour ouvrir leur école », nous touchons au but : l’école de Djiguibombo est sous toit !

Souvenez-vous! Le 31 décembre 1995, la population de Djiguibombo exprimait le souhait de voir s’ériger une école dans leur village.

Ce vœu sera entendu au Collège du mail et, dans un formidable élan de solidarité, toutel’ESRN se mobilisera. Six mois plus tard, à la suite d’un mémorable« Malithon » dans les environs du port de Neuchâtel et de nombreuses actions organisées pas les maîtres, une somme de CHF 100'000.- est récoltée !

En décembre1996, afin de gérer ce fond, la Fondation Mail-Mali voit le jour, et, le 26 décembre,la première pierre est posée : les travaux vont pouvoir commencer.

De janvier à Pâques, on creuse les fondations, on taille les pierres et on érige les murs.Puis, un temps d’arrêt s’impose, car on a modifié les plans du toit : il ne sera pas en tôle, mais en tuiles, ce qui implique une charpente renforcée,donc de nouveaux plans, une réorganisation des travaux et la mise en placed’une structure pour la fabrication des tuiles. 

Au cours des mois de juillet et d’août, plus de 7'000 tuiles seront façonnées. Septembre sera consacré à la charpente, octobre à la couverture du toit. Bénéfice de l’opération : la température dans les classes sera abaissée de 5 à 6 degrés.

A l’heure actuelle, l’école est donc sous toit et il ne reste plus qu’à terminer l’intérieur des classes et leur aménagement. En attendant, le maître, qui a été nommé, a commencé son enseignement dans une des trois classes prévues. Suite à notre commande de février, les tables-bancs, les pupitres des maîtres et les armoires ont été livrées sur place. 

Ces travaux ne sont pas toujours allés sans problèmes et leur avance n’a pas toujours été conforme à nos prévisions. Ainsi, le chantier a dû tourner au ralenti, faute demain d’œuvre, par exemple. En effet, durant l’hivernage (= saison des pluies,de juin à septembre), la population doit consacrer tout son temps et toutes ses énergies aux travaux agricoles, leur unique source de revenu et de subsistance ; puis, jusqu’en novembre, il leur faut s’occuper des récoltes. Les travaux ont aussi dû être interrompus pour permettre aux villageois de participer à certains rituels qui peuvent parfois durer plusieurs semaines (funérailles). Il faut aussi compter avec les imprévus :indisponibilité du camion dont on a besoin pour transporter la charpente ;ou bien outils défectueux ou cassés et dont la réparation prendra plusieurs jours, ou encore difficultés de communication entre Neuchâtel, Bamako et Djiguibombo,… 

Il faut ici relever l’appui constant fourni par le CEAS de Neuchâtel et son délégué au Burkina Faso, M. Bovey grâce à qui beaucoup a été possible.

Mais en dépit de tout, le 26 décembre, Djiguibombo sera en fête : le village inaugurera son école ! Dores et déjà, la Fondation se félicite d’avoir vécu cette expérience passionnante et enrichissante ; elle se réjouit d’avoir atteint son objectif, d’avoir répondu au vœu de la populations de Djiguibombo, grâce à l’aide et au soutien des élèves, de leurs parents, des enseignants et de la population neuchâteloise.

Cette école n’a pas pour but de former des intellectuels et des ribambelles de fonctionnaires ; elle doit permettre à des gens d’avoir accès aux bases élémentaires de l’instruction afin de pouvoir contribuer au développement de leur village, de bénéficier d’un plus large échange d’idées et de participer à l’évolution de leur pays et de leur peuple.