L'exode rural


L’alphabétisation et la scolarisation en réponse à l’exode


L’exode est une pratique ancienne, menée autrefois essentiellement par les hommes juste pour la recherche d’argent. Dans la plupart des cas, on part après les récoltes pour revenir au début des cultures (absence d’environ 8 mois). Dans bien des cas, cependant, on ne revient pas avant plusieurs années : on se contente d’envoyer de l’argent.

De nos jours, l’exode touche de plus en plus de jeunes adolescents (10-15 ans), filles et garçons, pour diverses raisons (pauvreté, chômage, désir d’acquérir des biens de consommation, etc.). Cette pratique a des effets négatifs pour la société (manque de bras valides, soit 80%, maladies, disparition des enfants, morts, traitements inhumains dans leur zone d’accueil).

Les jeunes trouvent plusieurs justifications à la pratique de l’exode :

  • les produits agricoles ne suffisent plus aux besoins familiaux,
  • il faut beaucoup d’argent pour les grandes cérémonies de prestiges,
  • ils ont envie de s’offrir un moyen de locomotion moderne (vélomoteur, moto),
  • ils désirent posséder un équipement moderne, que ce soit en habits ou en produits technologiques (téléphone  portable, appareil photo, appareil de radio, i-pod, sono, etc.),
  • il faut posséder un trousseaux de mariage (avant de pouvoir se marier, vers 18 ans, la fille quitte le village à 13 – 14 ans afin de gagner de quoi se marier).

Avantages de l’exode 


L’exode a permis d’ouvrir l’esprit des jeunes sur le monde extérieur, permis d’équiper la famille en matériels agricoles, moyens audio-visuels, a favorisé la scolarisation, amélioré l’hygiène corporelle. Les filles reviennent avec de nouvelles techniques culinaires, elles fréquentent désormais les centres de santé pour les soins prénatals. L’âge de mariage recule chez les garçons/filles. En période d’impôts, les regards des chefs de famille se tournent vers la Côte d’Ivoire, Bamako.


Inconvénients de l’exode


En plus des MST, dont le SIDA, l’exode a apporté la liberté sexuelle, l’effritement du tissu social, l’éclatement des grandes familles.

Le problème que l’on constate actuellement, c’est que les jeunes quittent le village de plus en plus jeunes; ils ne détiennent aucune pièce d’identité, ignorent les risques de la traversée des frontières, et se voient refoulés. Parfois aussi, ils se laissent embaucher et emmener à l’étranger (Côte d’ivoire en particulier) où ils se retrouvent enfants-esclaves dans de grandes exploitations agricoles.

Un faible taux d’alphabétisation constitue un réel obstacle au développement

Chercher à alphabétiser les populations améliorera leurs conditions socio-économiques, leurs connaissances générales et leurs facultés d’appréhender de nouvelles techniques appropriées à leurs conditions de vie. Cela les encouragera à prendre une part active dans la vie de leur communauté et à renoncer à l’exode.