info 5, octobre 1998


L’enseignement à Djiguibombo; finances, visites et correspondance scolaire


L'enseignement à Djiguibombo


Le 14 septembre 1998, les cours ont repris àDjiguibombo, et une deuxième classe a été ouverte; ainsi, l'école accueille actuellement près de 170 élèves, venant de Djiguibombo et des villages avoisinants. Les maîtres appliquent une méthode expérimentale, mise au point par la GTZ, organisme de coopération technique allemande. A l'inverse de ce guise fait dans le reste du pays, les élèves ne suivent pas les cours en français,mais dans leur langue maternelle, le dogon; par la suite, à la fin de la 2eannée, le français sera peu à peu introduit. Les résultats obtenus par les élèves de Djiguibombo sont tout à fait encourageants; en effet, lors"d'épreuves communes", ils sont sortis premiers !

Si les maîtres font preuve d'une grande compétence, les élèves manquent cependant de matériel de base (ardoises,craies, cahiers, stylos, crayons, gommes, règles, ballons,…), et ils se sont adressés à nous afin que nous leur venions en aide, ce qui a été a fait. 

Les parents suivent avec intérêt ce qui se passe à l'école et ont, dans le cadre de l'expérience de la GTZ, formé une APE, c'est-à-dire une Association des Parents d' Elèves, dotée d'un cahier des charges assez impressionnant.

Quant au bâtiment lui-même, il donne entière satisfaction à ses occupants, même si une partie des tuiles s'est envolée lors du passage d'une tornade, cet été ! Par chance, sur place,  une équipe de jeunes gens a été formée et a parfaitement su procéder aux réparations qui ne se sont pas avérées trop graves. 

Finances


Sur le plan financier, nous avons bouclé nos comptes avec la construction de l'école et celle du puits, il y a six mois, et la caisse était alors pratiquement vide. Depuis, elle s'est renflouée, grâce à la vente d'objets et à des dons lors d'une exposition de photographies consacrées au pays Dogon, organisée au Caveau de Fully (VS), grâce à un stand tenu dans le cadre du 100e anniversaire du Collège des Terreaux, grâce aux Magasins du Monde (Neuchâtel), qui vendent pour nous des articles d'artisanat dogon et malien que nous rapportons régulièrement (bijoux, tissus bogolans, statuettes,...), grâce enfin à divers dons, de sorte que nous avons dans notre caisse actuellement une somme d'environ CHF 10 000.- .

Pour la suite de nos actions en faveur du Mali, quelques projets se profilent déjà à l'horizon; en effet, diverses demandes nous sont parvenues : soutien à une association de femmes d'un village, qui souhaite la réfection de leur puits et une clôture pour leur jardin potager; ou construction d'un dispensaire, d'une école...

Visites et Correspondance scolaire


Au mois de septembre dernier, deux de nos amis Dogon, Benoît Kassogué, de  Djiguibombo, et M.Dibo, de Ouo, qui tous deux ont eu le privilège de faire leurs classes à Bandiagara, sont venus parler de leur pays à nos élèves. 27 classes de l'ESRN ont reçu leur visite et les élèves ont manifesté un intérêt extraordinaire à leur exposé, qui a suscité un très grand nombre de questions et de réflexions. Nos élèves n'ont exprimé qu'un seul regret : celui de n'avoir pu prolonger cette rencontre et cet échange au-delà de 45 minutes ! Seules quelques classes ont bénéficié de ce privilège.

L'intérêt de nos élèves se révèle aussi par le biais de la correspondance qu'ils entretiennent avec les élèves de Bandiagara. Entre le printemps 1998, et ce mois-ci, plus de 200 lettres venues de Bandiagara ont trouvé preneurs dans nos cinq Centres scolaires, et toutes les demandes n'ont pas été satisfaites.

Cet intérêt, pour ne pas dire cet engagement, nous conforte dans notre action; mais pour pouvoir la poursuivre, il nous faut nous assurer l'appui de membres soutien; c'est pourquoi une campagne de recrutement sera lancée prochainement.