info 24, novembre 2008


La banques de céréales  / Action « sous = riz »



•    12 juillet 2008 : pose de la 1ère pierre à Thinthinomé de la banque de céréales

Le 11 juillet 2008, partie de Bandiagara, une délégation formée de Hablo Bâ, Benoît Kassogué, Alhader Touré, Amirou Sangara et Jacques Humbert s’est rendue à Thinthinomé, village proche de Gao, sur la route menant au Niger voisin. Chants, danses discours et embrassades ont marqué le chaleureux accueil, tel que savent nous en réserver les Africains. Le lendemain, après avoir visité leurs cultures (essentiellement du riz), leur poulailler, une plantation d’eucalyptus, ainsi qu’un jardin qui exploite les graines maraîchères, il a été procédé à la pose, toute symbolique, de la 1ère pierre de la banque de céréales. La joie et la reconnaissance des habitants de Thinthinomé se sont manifestées tout au long de notre bref séjour et, nous joignant à eux, nous vous transmettons leur grand MERCI.

Après avoir consacré une partie de leur temps à confectionner les briques en banco, maintenant que la saison des pluies a pris fin, les villageois ont commencé la construction du bâtiment et vont tout bientôt acheter les stocks de céréales, ce qui mettra un frein sérieux à la spéculation.


•    16 octobre 2008 : Journée mondiale de l'alimentation

Le tsunami qui secoue le monde des finances a permis à des milliers de milliards de francs de faire surface, comme par miracle, alors que le tsunami de la famine continue de faire ses ravages (925 millions de malnutris dans le monde). Là, pas de miracle, on ne parvient pas à réunir les 30 milliards annuels qui permettraient d’éradiquer la faim, ni même les 4 à 5 milliards nécessaires pour traiter toutes les personnes touchées par la malnutrition aiguë sévère, dernier stade avant la mort. Les premières victimes ? 19 millions d’enfants de moins de cinq ans,* (*source : Le Monde diplomatique).  Ça laisse un brin songeur !… 

Mais cela accorde peut-être un peu plus de valeur et d’importance à la banque de céréales de Thinthinomé !


•    Un bel hivernage, de belles récoltes en perspectives, mais….

Ce même 16 octobre 2008, nous avons reçu une demande d’aide alimentaire d’urgence, présentée par notre partenaire Yagtu, association de femmes de Bandiagara qui œuvre dans plus d’une centaine de villages du Plateau dogon. Elle s’efforce de mettre sur pied des projets de développement durable qui luttent contre la pauvreté et favorisent la promotion des femmes.

C’est à cette association que des représentants de 17 villages du Plateau dogon se sont adressés, dans l’espoir de recevoir un secours alimentaire.

En effet, alors que les pluies ont été généreuses et qu’on s’attendait à des récoltes satisfaisantes, les criquets ont fait leur apparition et ont saccagé, par place, la plus grande partie des cultures.

La perspective est donc très sombre pour les populations de ces villages. Mais une disette n’émeut guère le monde, en tout cas n’attire pas les médias qui n’ont alors pas encore d’images choquantes à exhiber !

Cependant, la famine menace, et cela d’autant plus que les réserves, largement entamées suite aux mauvaises récoltes précédentes, n’ont pas pu être réapprovisionnées.

La situation est donc dramatique, les conséquences de cette calamité diverses : les premières victimes seront les petits enfants, puis les adolescents dont la croissance sera fortement perturbée ; les forces vives quittent déjà les villages pour les villes, dans l’espoir, souvent vain, d’y trouver du travail. Déjà pauvres, les familles vont consacrer leurs maigres revenus à acheter des céréales, dont le prix ne va cesser d’augmenter au fil du temps, et elles n’auront plus les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école. Ainsi, bien des jeunes s’en iront et se retrouveront perdus dans des grandes villes, proies faciles pour les embaucheurs de plantations de café ou 
de cacao étrangers, qui les soumettront au travail forcé, esclavage pur et simple. Enfin, en l’absence des hommes, les femmes auront seules à supporter toutes les responsabilités économiques, sociales et éducatives.


Nous n’avons pas de baguette magique, nous ne détenons pas le pouvoir de changer le monde, d’éradiquer la famine, d’assurer aux Dogons et au reste du monde des récoltes satisfaisantes, nous le savons bien.
Néanmoins, nous restons convaincus que nous avons la possibilité de changer un peu la situation douloureuse d’une population, de calmer un peu la faim de villageois aux abois, de redonner un peu d’espoir aux habitants de ces 17 villages qui attendent du secours ! C’est pourquoi, mobilisons-nous donc et

Éteignons les 1ères flammes de ce qui risque 

de devenir un incendie violent et ravageur !


Dans ce but, nous lançons l’Action  « sous = riz »



Pour appuyer notre campagne, nous avons édité une nouvelle série de 16 cartes postales, 8 peintures de Marlyse Terrier et 8 photos de Jacques Humbert, que des élèves de l’ESRN ne manqueront pas de vous proposer de commander. 


Les cartes postales pourront aussi être achetées à nos prochains stands :



Samedi 29 novembre: Stand au Centre commercial de la Maladière, à Neuchâtel

Vente d’articles de l’artisanat malien (bijoux, tissus, objets en bois, en cuir) et cartes postales.

Samedi 6 décembre : Stand* au marché de Neuchâtel, de 07h00 à 12h30

Vente de pâtisseries, tresses, confitures, cartes postales.
Nous acceptons vos dons en nature, tout spécialement des confitures ! 
Tél. 032 725 38 73, ou info@mail-mali.ch.

*Stand tenu par des élèves de l’ESRN au profit d’élèves de Bandiagara (pour l’achat de matériel scolaire).



A côté de cela, nous avons 

•    92 élèves à parrainer à Bandiagara, 
•    7 étudiants aussi à Bamako, 
•    6 salles de classe à réparer à Bandiagara, 
•    5ateliers d’alphabétisation à mettre sur pied 
•    à assurer les médicaments pour une quinzaine d’épileptiques. 

Et nous venons de financer 

•    une banque de céréales à Thinthinomé,
•    une cantine scolaire à Bendjéli
•    un atelier de teinture à Bandiagara
•    du matériel scolaire aux élèves de Hablo Bâ, à Bandiagara
•     
Comme vous pouvez le constater, les demandes et les besoins restent considérables !


•    20 octobre 2008 : dissolution de la FéNeCo au profit de Latitude 21

Sept associations ont constitué ce lundi 20 octobre 2008 à Neuchâtel une nouvelle fédération neuchâteloise de coopération au développement appelée Latitude 21, Fédération neuchâteloise de coopération au développement. Il s’agit de Notre Jeûne Fédéral et des associations réunies dans la FéNeCo (Abir, Centre Ecologique Albert Schweitzer, IMBEWU-Suisse, Jethro, Mail-Mali et Médecins du Monde-Suisse). Latitude 21 intègre donc la FéNeCo, qui disparaît en laissant à la nouvelle structure une large part de ses buts et fonctionnements (mise en œuvre coordonnée de projets de qualité financés par des pouvoirs publics et par des dons privés). La nouvelle fédération ajoute une volonté de conclure, au niveau stratégique, des partenariats forts avec des entités publiques et privées, et de mener une politique active de sensibilisation du public neuchâtelois à la coopération au développement.