Info 45, mars 2019


Madame, Monsieur, Chers Amis,

Nous sommes heureux de pouvoir vous annoncer que la 7ème école à Banguel-Toupé, financée par Mail-Mali, est terminée :



Les travaux de construction ont commencé en décembre 2018 et se sont terminés début mars 2019. L’ensemble est constitué d’un bâtiment de 3 salles de classe, d’un bureau-magasin pour la direction et d’un bloc de 3 latrines. Il ne reste plus qu’à l’équiper de tables-bancs, pupitres et armoires. Nous espérons pouvoir l’inaugurer en juillet prochain.

Nos félicitations vont à l’entrepreneur et son équipe pour ses compétences et la qualité de son travail, et nos plus vifs remerciements s’adressent aux donateurs et aux deux fondations qui nous ont apporté un sérieux coup de pouce !

Le bilan de l’année 2018 s’avère réjouissant

Au cours de cette année 2018, Mail-Mali a pu financer, entre autres, ses 2 cantines scolaires, les frais de scolarité d’une soixantaine d’élèves, les bourses de 10 étudiant/e/s à Bamako et la distribution de matériel scolaire à 1'045 élèves. 58 ménages ont aussi pu bénéficier de notre aide alimentaire.

A Neuchâtel
Notre traditionnelle journée jeux s’est transformée en une Nuit du Jeu. Cet événement a été coorganisé avec Oniris et a bénéficié du soutien de Ludesco, deux associations spécialisées dans l’organisation d’événements ludiques.
Cette modification s’est révélée judicieuse et a rapporté bien davantage que l’ancienne formule.

Le Duo Morat-Fergo de guitares romantiques nous a fait l’honneur et l’amitié de revenir jouer au profit de Mail-Mali. Revisitant les répertoires de Bach, Mozart, Schubert et Chopin, les deux artistes ont une fois de plus émerveillé le public, qui avait répondu présent !

Nous aimerions pouvoir nous en tenir à ces bonnes nouvelles.
Malheureusement, il en est d’autres, moins réjouissantes

Insécurité et aide alimentaire

« Un sentiment de tristesse nous saisit par rapport aux conflits qui opposent les communautés peuhles et dogons et qui affectent profondément la population, nos amis. Traditionnellement liés, les Peuhls, bergers nomades, et les Dogons, agriculteurs sédentaires, ont besoin les uns des autres : les Dogons confient leurs animaux aux Peuhls, qui doivent éviter que les troupeaux pénètrent dans les champs des Dogons au moment des cultures, mais qui y sont les bienvenus après les récoltes, où leur présence favorise leur fertilité. Il arrive, bien sûr, parfois, de petits conflits, réglés rapidement selon des lois coutumières. Malheureusement, instrumentalisés par on ne sait trop qui, des bandes d’hommes armés, (bandits, terroristes, djihadistes ?) portant soit un costume peuhl, soit un habit dogon, attaquent les uns qui alors ripostent : villages incendiés, récoltes anéanties, bétail emporté et habitants massacrés ! (…) Entre autres conséquences, les agriculteurs n’osent plus s’aventurer jusqu’à leurs champs éloignés de leur village pour les cultiver et se retrouvent ainsi privés de récoltes, et donc affamés. Dès lors, Mail-Mali s’attend à devoir relancer un appel pour une aide alimentaire d’urgence, ce qui empêchera inévitablement l’Association de réaliser de nouveaux projets. »

Voilà ce que nous écrivions dans le Rapport annuel 2018.

Entre temps, l’appel que nous avons reçu du président de l’association Mail-Mali de Bandiagara était accompagné de ces mots :


« La campagne agricole a été presque catastrophique, le cercle de Bandiagara n'a eu que trois grandes pluies et l'installation a été très tardive : première pluie le 3 août, la dernière pluie enregistrée remonte à mi-septembre, avec une mauvaise répartition des pluies dans l'espace et dans le temps, et une pluviométrie inférieure à 500 mm annuelle. Très généralement, au Pays Dogon, les périodes de soudure sont compensées par les activités maraîchères ; mais, malheureusement, à ce niveau, les infrastructures agricoles n'ont presque pas retenu d'eau pour le maraîchage; l'insécurité grandissante a également occasionné la limitation des déplacements vers les marchés ruraux. Tout un ensemble de dysfonctionnements du système a conduit à la vulnérabilité de certaines populations paysannes du plateau Dogon et les a poussées à quitter leurs villages vers des zones urbaines. »

Nous relançons donc notre appel pour un secours alimentaire d’urgence.


L'intégralité des sommes récoltées sera consacrée à l'achat de céréales, mil ou riz, qui seront distribuées, contre une faible contribution de la part des bénéficiaires, par les membres de l’association Mail-Mali de Bandiagara. Les bénéficiaires sont les femmes cheffes de ménages vulnérables, les ménages n’ayant rien récolté ou n’ayant pas récolté pour plus de 3 mois, les ménages qui n’ont pas d’appui et/ou sans activités génératrices de revenu.

Le président de l’Association Mail-Mali    

Jacques Humbert