Les épileptiques au Mali

"Jusqu'à 80% des épileptiques sont privés de soins en Afrique, parce que l'opinion est mal informée.
L'épilepsie est considérée comme une maladie contagieuse selon les croyances traditionnelles.
L'épileptique est généralement marginalisé au sein de la famille et de la société :
    - Il ne peut pas se marier ou est obligé de divorcer
    - Il ne peut pas aller à l'école ou est contraint d'abandonner l'école
    - Il ne peut pas manger avec les autres
    - Il ne peut pas jouer avec les autres enfants
    - Il ne peut pas dormir avec les autres
    - Il ne peut pas travailler et est à la charge des autres, ce qui le marginalise encore davantage
L'épilepsie est considérée le plus souvent comme une maladie incurable, surtout si le malade, à l'occasion d'une crise, a été brûlé par le feu.
La médecine traditionnelle ne semble pas disposer pour le moment de remèdes aussi efficaces que ceux de la médecine conventionnelle. La récolte, la préparation et l'administration des médicaments traditionnels utilisées pour le traitement de l'épilepsie sont très laborieuses et souvent posent de graves problèmes d'éthique (par exemple l'utilisation de vomis de chiens, de crottins d'ânes pour la préparation des remèdes). La médecine traditionnelle est le plus souvent le seul recours.
Devant l'inefficacité de cette dernière, le malade épileptique est généralement marginalisé dans la famille et dans la société après plusieurs années de traitements infructueux et souvent très coûteux.
Au Mali,  à part les services de psychiatrie et de neurologie (à Bamako) et le Centre Régional de Médecine Traditionnelle de Bandiagara, il n'existe aucune formation sanitaire compétente pour la prise en charge des épileptiques.
Les médecins généralistes, de même que les infirmiers, n'ont reçu aucune formation, même sommaire, en épileptologie.
Ce constat ne fait que renforcer la thèse selon laquelle le traitement de l'épilepsie ne relève pas de la compétence de la médecine conventionnelle, alors qu'elle dispose de médicaments efficaces s'ils sont pris quotidiennement et correctement.
Le phénobarbital est le médicament le plus utilisé dans le cercle de Bandiagara, compte tenu de son efficacité, de son coût et de sa tolérance. De plus, ce médicament peut être fabriqué au Mali (...) et est relativement moins cher.
Tous les infirmiers chefs de poste du cercle de Bandiagara ont été formés en 1999 à la prise en charge des épileptiques, à la faveur de la relance du programme de prise en charge des épileptiques dans le cercle qui a été mis en place en 1988."

Extrait d'un rapport de la SOPERDI
(Solidarité avec les Personnes en Difficulté)