Septembre - novembre 2016

Rapport de voyage    septembre – novembre 2016



BAMAKO 


Comme d’habitude, nous donnons rendez-vous aux étudiants pour le lendemain de notre arrivée et pour la veille de notre départ. Les boursiers présents se montrent très reconnaissants des efforts fournis par Mail-Mali pour leur permettre de poursuivre leurs études grâce aux bourses octroyées. Le système d'études s'est compliqué. Une fois leur diplôme en poche, il leur est difficile, sans un cousin bien placé, de trouver un emploi. Cet état de fait les contraint à prolonger leurs études en se spécialisant dans l'une de leur matière.

Les demandes de bourses affluent et il n’est pas aisé pour nous de faire un choix. On a cependant fixé quelques règles qui tiennent compte de la situation financière familiale, du contexte familial (orphelin de père, par exemple) ; éviter de subventionner plus de deux membres de la même famille, favoriser les jeunes filles, trop peu représentées parmi les actuels bénéficiaires.

Pour l'année 2016-17, nous soutenons 17 étudiants, dont 4 jeunes filles, à hauteur d'un peu plus de CHF 900.- par an.



     
            


L’AMMBa (Association Mail-Mali de Bandiagara)


Les membres de l’AMMBa nous ont fait l’agréable surprise d’être présents pour nous accueillir à notre arrivée le samedi après-midi 24 septembre. Grande joie des retrouvailles et aussitôt, on nous demande de planter un arbre devant la concession.

Nous avons pu assister à 2 séances de l’AMMBa. La 1ère, suivie par 10 membres seulement, nous a permis de leur distribuer les 10 t-shirts Mail-Mali que nous avions emportés. La 2ème séance a réuni pratiquement toute l’équipe. Grâce à l’achat de 200 chaises qu’elle loue à l’occasion de mariages, baptêmes et autres fêtes ou manifestations, elle engrange des bénéfices intéressants. De même, elle gère intelligemment le triporteur que Mail-Mali lui a offert : l’engin est confié à un jeune homme (non membre de l’association) qui l’utilise et a pour charge de l’entretenir et de remettre l’équivalent de fcfa 2'500.- par jour à l’AMMBa. Cela fonctionne parfaitement bien, le triporteur étant le gagne-pain de son utilisateur qui n’a qu’avantage d’en prendre le plus grand soin et de le faire travailler le plus possible.

André, le président, demeure une personne remarquable, aux idées claires, d’une grande capacité d’analyse des situations ; il dispense de précieux conseils et sait nous donner de pratiques informations. C’est une très grande chance pour Mail-Mali de pouvoir compter sur un appui aussi solide, dévoué et fiable.






ECOLES et CANTINES


Remarque préliminaire : dans presque chaque village visité, l’accueil est chaleureux, animé de danses, de youyous stridents ; il y a toujours une foule qui accompagne le chef du village, les autorités locales et autres responsables des écoles (directeur, président et membres de l’association des parents d’élèves, …) ; et toujours beaucoup d’enfants. La plupart du temps, cela se termine par des cadeaux, parfois excessifs : régimes de bananes, corbeilles d’arachides, sacs de gombo, calebasse de noix de cola, béliers, cabri, coqs,… Nous n’y reviendrons pas ci-dessous.







DJIGUIBOMBO : restauration des écoles


Le tout premier jour et le dernier de notre séjour ont été consacrés au chantier de Djiguibombo.

En raison des pluies fréquentes cette année et des vents empêchant la manipulation des grandes tôles devant remplacer les tuiles, les chantiers ont pris du retard. De plus, notre ami Benoît chargé des travaux s’est absenté un mois durant (voyage en Suisse retardé à cause de difficultés à obtenir le visa). 




Cependant, lors de notre dernier passage, le 12 novembre, 90% des travaux étaient achevé. Un certain nombre de finitions doivent encore être effectuées (fixation de crochets pour portes et fenêtres, listes pour faux-plafonds, peinture des tableaux noirs, …). Avant la fin du mois de novembre, tout sera terminé, y compris les tables-bancs. Les cours pourront dès lors reprendre normalement dans 6 salles de classe propres, rénovées et accueillantes.

En réunion avec les responsables de l’école, nous avons insisté sur la nécessité d’entretenir les 2 bâtiments, de veiller à leur propreté, à signaler tout dégât et à les réparer sans tarder. A quatre (Oumar Tapily, Coumba Diallo, Benoît et nous-même), nous avons fortement insisté, et il semble bien que le message a été compris, que les responsables ont pris conscience de ce que nous attendons d’eux.

Un suivi de la part de l’AMMBa est mis en place.






BANDIAGARA


Le 3 octobre était le jour officiel de la rentrée des classes dans tout le Mali. Nous nous rendons avec quelques membres de l’AMMBa à l’école Mamadou Tolo D, dont notre ami Oumar Tapily est le directeur ; nous procédons avec lui et ses enseignants à la distribution du matériel scolaire que Mail-Mali fournit depuis plus de 20 ans, grâce aux stands pâtisseries tenus trois fois par années au marché de Neuchâtel avec des classes de l’EOREN, distribution marquée par de joyeuses manifestations de reconnaissance. En raison des travaux champêtres, les 1ères semaines, tous les élèves ne sont pas présents. 

Pour marquer l’importance de ce jour de rentrée scolaire, les autorités, en délégation, font le tour des différentes écoles de Bandiagara. Ainsi nous avons droit à la visite et au discours du Directeur de l’Académie (qui supervise l’ensemble des CAP de la région), accompagné du préfet, du sous-préfet, du maire, du commissaire de police, du président de l’APE (Association des Parents d’élèves), le tout sous la bonne garde de militaires et de gendarmes.






MOUSSOUROU


Situé à une trentaine de km sur la route de Gao, dans un environnement sablonneux, le village est difficilement accessible pendant l’hivernage ; dès lors il n’a pas été possible de nous y rendre lors de nos précédents séjours. Cette fois-ci, les conditions sont bonnes ; accompagné par deux agents de Yagtu, nous pouvons atteindre Moussourou sans problème et nous nous rendons à l’école aussitôt arrivés.

Dès le mois de décembre, un 2ème enseignant viendra prêter main forte à l’enseignante qui est pour le moment seule à s’occuper en alternance (matin / après-midi) des 59 élèves répartis en 2 classes, l’une de 1ère année, l’autre de 4ème. 30 élèves viennent de 3 villages voisins (10 de chaque village), cela grâce à la cantine où mangent tous les élèves. Normalement, le PAM (Programme Alimentaire Mondial) aurait dû cette année prendre en charge la cantine, mais comme il a drastiquement réduit ses interventions, la cantine restera à la charge de Mail-Mali. Elle demeure un atout pour une fréquentation régulière de l’école. Deux cuisinières préparent toute l’année les repas (5j/semaine). Il manque des kits d’hygiène (lave-mains), mais il semble que ça viendra (affaire à suivre).

La 3ème salle de classe est occupée par du matériel divers depuis qu’elle a servi de refuge à plusieurs des 20 familles dont les maisons se sont écroulées suite aux inondations de l’an passé.

Les salles de classe sont bien entretenues, mais sont confrontées à des problèmes : d’une part des termites s’infiltrent par des fissures du sol et s’attaquent aux tables-bancs et d’autre part des chauves-souris logent entre le toit et les faux plafonds, provoquant beaucoup de saletés et dégageant de mauvaises odeurs. Nous en informerons l’entrepreneur pour remédier à ces problèmes.

Quant aux latrines, elles sont parfaitement entretenues, lavées chaque jour à l’eau de Javel.

La très bonne nouvelle du jour, c’est l’assurance qu’on nous donne que dès l’années scolaire prochaine, l’école sera enfin officiellement reconnue ; information confirmée par le CAP (Centre d’Animation Pédagogique).







BENDJELI


Le premier sujet abordé avec les responsables des écoles est celui des cantines : Le PAM n’a pas abandonné celle du 1er cycle (140 élèves), mais il ne fournit pas les condiments ; Mail-Mali s’en chargera en plus de la cantine du 2nd cycle (214 élèves). L’absence de kit d’hygiène nous surprend, car ce sont des outils indispensables. L’envie d’en acheter est cependant freinée à la vue du manque d’entretien des salles de classe, en particulier celles du 1er cycle, à savoir l’école que nous avons construite en 2005 : tout comme à Moussourou, ils ont un problème avec les chauves-souris, mais ils ne cherchent pas trop à s’en débarrasser, ni à maintenir propres les locaux. Nous faisons clairement comprendre notre mécontentement et exigeons qu’ils entreprennent des nettoyages et une remise en état des lieux. Nous les informons aussi qu’un contrôle sera effectué par l’Association Mail-Mali de Bandiagara. Nous découvrons encore et avec consternation que la 1ère école, construite par la GTZ (une grande ONG allemande) est carrément à l’abandon, toute délabrée ! Ce laisser-aller ne nous incite vraiment pas à fournir les panneaux solaires qu’ils réclament ; nous le leur faisons bien savoir.

Avant de quitter le village, deux élèves nous sont présentés qui ont des problèmes de santé : une jeune fille de 9ème est unijambiste suite à l’effondrement de la maison familiale lorsqu’elle était toute petite ; elle s’appuie sur une énorme béquille en bois placée sous l’aisselle. Nous nous engageons à lui fournir une paire de cannes anglaises, objet dont personne n’a jamais entendu parler. Un autre élève de la même classe souffre d’une enflure de chaque côté du cou, enflure qui ne cesse d’augmenter. Nous obtenons qu’il soit évacué le plus rapidement possible pour subir des examens médicaux et recevoir les soins adéquats.

Parmi les informations recueillies lors de la rencontre avec les femmes, il ressort que le vieux forage a été réparé et fonctionne à nouveau et que le Cescom (Centre de santé communautaire) du village est désormais pris en charge par l'Etat.






NANDOLI


Sur sa demande, le directeur Seyni Ouologuem, qui avait demandé et obtenu la construction du 2nd cycle, a été muté dans un autre village de la même commune. Cette nouvelle est navrante. Nandoli perd avec ce départ une personne de qualité qui menait très bien sa barque. Notre visite a eu lieu lors de la 2ème semaine de la reprise scolaire et les effets étaient (encore ?) très faibles. Il semblerait que les enfants sont occupés aux champs, alors que les récoltes, mis à part celles d’arachides n’ont pas encore commencé ! Il doit y avoir d’autres problèmes qui nous sont cachés ou qui nous échappent !

A part ce point négatif, il faut reconnaître que les salles de classe des 3 écoles et les latrines sont très correctement entretenues. Les informations concernant le moulin à grains demeurent vagues et nous comprenons qu’il ne fonctionne pas pour le moment ! On tient à me montrer l’un des deux barrages qui est totalement vide en raison d’une large fissure avec l'espoir que Mail-Mali interviendra. Il n’est évidemment pas question d’entrer en matière dans un domaine qui n’est absolument pas le nôtre.






SADEGUE et BANGUEL-TUPE


Trois villages nous ont demandé la construction d’une école. Deux missions ont été mises sur pied, l’une à Sadégué, l’autre à Banguel-Tupé ; la visite au 3ème village, Djombo-Peulh, n’a malheureusement pas pu être mise au programme.





Il s’est agi dans les deux cas d’une prise de contact, d’une mesure de la motivation de la population, de s’assurer de la nécessité d’une école, de la possibilité de son implantation sans risquer des problèmes de registre foncier, etc.





Il a été très clairement exprimé lors de nos entretiens qu’il n’y avait de la part de Mail-Mali aucun engagement à ce stade-là des contacts. Bien que ce message ait semblé avoir bien passé, dès le lendemain de notre passage, on cassait déjà des pierres à Banguel-Tupé !



SONGHO


On se souvient que le puits de Songho nous avait posé pas mal de problèmes. Tout cela est derrière nous et c’est avec un vrai bonheur que nous avons vu un puits bien rempli et que nous avons appris qu’il n’a jamais tari, même au cours de la saison sèche. La pompe a connu une ou deux pannes qui ont été réparées sans délai. Le projet est donc bien réussi et bien géré.

Nous avons constaté aussi avec plaisir que les latrines sont propres : pour leur entretien, les élèves sont répartis en équipes qui ont pour tâche de remplir d’eau les récipients des lave-mains et de nettoyer les cabines.

Les jardins des femmes ont donné essentiellement des haricots. Les activités reprendront sitôt après les récoltes sous la conduite du directeur Kimbassa. Quant aux femmes qui avaient reçu une chèvre, elles sont ravies du résultat, tous les animaux ayant mis bas un ou deux cabris.

La cantine scolaire n’est plus à la charge de Mail-Mali (et n’a d’ailleurs pas encore commencé) : c’est le PAM qui l’a reprise. L’aide qu’il apporte a changé : il ne distribue plus les aliments, mais remet l’argent aux autorités scolaires de Bandiagara (au CAP), qui ont le devoir de remettre leur dû aux comités de gestion des cantines. Cette modification ne nous plaît pas trop, car nous connaissons les appétits insatiables de certaines personnes !






Autre problème lié à l’école ; une classe manque de tables-bancs, et nous avons vu une vingtaine d’élèves qui écrivaient couchés par terre ! Nous avons commandé cinq tables-bancs qui devraient leur être rapidement livrés.






KORI-KORI


En remplacement de la cantine de Songho, dont mous laissons le financement aux bons soins du PAM, nous prenons à charge dès cette année celle de Kori-Kori. Elle srevira 5 repas par semaine à 204 élèves.







Le village de Kori-Kori est situé à une dizaine de kilomètres de Songho, sur la route de Sévaré. Les écoles de ce village sont parmi les plus anciennes du Plateau Dogon et elles jouissent d’une telle réputation que son second cycle accueille une majorité d’élèves en provenance de villages éloignés de 10, 15, 16 et même 18 km, imposant aux élèves des marches de plusieurs heures tant à l’aller qu’au retour ! 




Ces 51 élèves parcourent 20 km par jour, 42 : 30 km ; 34 : 32 km ; 37 : 36 km !!! 


18 km équivaut à la distance Neuchâtel – St-Aubin ou La Neuveville !


Cette situation nous interpelle, bien évidemment. Nous avons demandé conseil à différentes personnes pour savoir si le projet de doter ces élèves de vélos était une idée valable. Chacun nous a encouragé à intervenir dans ce sens. 


Nous allons donc lancer une campagne pour pouvoir acheter sur place une centaine de vélos, à raison de CHF 100.- pièce ; il s’agira de vélos locaux, adaptés au terrain ; chacun aura un kit de réparation et les vélos appartiendront aux élèves qui sauront en mesurer la valeur et en prendre le soin voulu.



PARRAINAGES


Au cours du séjour, nous avons été sollicités au moment de la rentrée scolaire pour des parrainages scolaires à Bandiagara. Nous en avons accordé une vingtaine. Les parents doivent en effet acheter les fournitures scolaires et, dans certains établissements privés, comme la Mission Catholique, aussi deux tenues (habits) par enfant. Le coût s’élève à env. CHF 60.- au 1er cycle, le double pour le lycée ou les écoles professionnelles (env. CHF 1'800).

Comme chaque année, nous soutenons quelques lycéens de l’internat tenu par Timbé ; cette année-ci, 15 d’entre eux bénéficient de notre soutien (env. CHF 2'200.-).

A Sévaré, ce sont 12 cas sociaux signalés par l’abbé Germain que nous prenons en charge (env. CHF 1’800.-).



LES SOUS PROJETS DES MEMBRES DE L’AMMBa


1.    Les jardins


Ce type de projets, avant qu’ils soient rentables, demandent beaucoup de travail, beaucoup d’investissement personnel, du courage et de la patience ! Pratiquement, tous les jours Amirou et Mama sont dans leurs jardins qu’ils entretiennent du mieux qu’ils peuvent. Ils en rapportent des piments ou du gombo qu’ils mettent à sécher, parfois une pastèque ou quelques grenades. Il faudra encore attendre quelques années avant que les fruitiers produisent mangues, citrons ou autres pommes cannelle. Actuellement, ils se lancent dans la culture de l’échalote. Tous deux ont besoin de rehausser leurs bassins.

Le puits d'Amirou est presque à sec et nécessitera un surcreusment en janvier prochain; Mama, liu, aura besoin de 200m de tuyaux pour le 2ème jardin qu'il est en train d'aménager afin d'y amener l'eau du Yamé.






2.    La pépinière


La pépinière d’Hadji prospère magnifiquement. Ce qui n’était il y a deux ans qu’un vaste terrain pierreux, parsemé de quelques milliers plants en pots est presque devenu une forêt. A force d’arrosages réguliers, Hadji a transformé le lieu en oasis. Malheureusement, il manque de clients.

Avec l’AMMBa, une trentaine de neems (ou margousiers) ont été plantés de chaque côté de la route qui sort de Bandiagara en direction de Kendié. Cette activité de reboisement s’est poursuivie dans les cours des deux écoles Mamadou Tolo et Alpha Aly Seck au cours de la première semaine du mois d’août.




3.    L’atelier de réparation de pneus


Avec son nouveau et puissant compresseur que Mail-Mali lui a offert, Boss est aux anges dans son atelier. Il est à l’aise dans cette activité qu’il maîtrise parfaitement ; il a une bonne clientèle, mais cherche un local mieux situé, plus près du centre et de la gare routière.



4.    La bergerie et la gargote


L’activité « bergerie » est quelque peu évincée par celle de la gargote. Néanmoins, Issa continue de s’occuper, directement ou indirectement, d’un certain nombre d’animaux. Ainsi, il possède actuellement 4 bœufs, 3 moutons, un cabri, un âne, 13 coqs et 3 poules. Certains animaux sont confiés à un berger peulh, d’autres à un particulier. Il va régulièrement couper des herbes qu’il engrange de manière impressionnante sur le toit de sa bergerie et qui serviront de nourriture pour ses animaux dans les mois à venir.

A la gargote, située sur la route de Kendié et collée à la pépinière d’Hadji, Issa sert essentiellement des en-cas (omelettes, sandwichs, …), des thés et des cafés. A la vue de deux douzaine d’œufs sur une étagère, soumis à une température de 38°, nous avons estimé indispensable de doter la gargote d’un frigo, qu’Issa est parti choisir et acheter à Douenza. Dans un tout proche avenir, il pourra l’exploiter : il faut encore qu’il soit relié au courant. Dès lors, il pourra diversifier son offre avec des boissons fraîches.

Les extérieurs sont avenants, agrémentés de pots de fleurs, de plantes grimpantes ornant le hangar attenant qui, de nuit, est illuminé d’une guirlande électrique.






5.    Le poulailler


Sur le nouveau terrain où Sana devra un jour prochain déménager son poulailler, la maison du gardien et magasin est déjà construite en briques, et le nouveau poulailler est en construction. En attendant, Sana poursuit l’exploitation de l’ancien, où il prend grand soin des 250 poussins qu’il est allé chercher à Bamako. Il doit les nourrir constamment : ils ne font que manger et boire, et veiller à e que la température soit constante, ce qui contraint Sana à passer ses nuits sur place pour chauffer le local.

La production et la vente des œufs donnent entière satisfaction. En 10, Sana a acquis de l’expérience et maîtrise parfaitement son activité.








6.    Commerce de bois et charbon


La récente activité de Gabi, à savoir la revente de bois et de charbon se porte bien. Elle est évidemment dépendante des fluctuations du marché. Pour le moment, suivi de près par André, Gabi semble tout à fait à la hauteur de la situation. Très connu dans toute la ville de Bandiagara, il n’a pas de difficulté à trouver des clients.



7.    Filage de coton


Christine file le coton, l’apporte ensuite au tisserand qui confectionne des bandes de tissu ; mises ensemble, cela forme des couvertures que Christine vend. Son activité reprendra sitôt après les récoltes. Elle est confrontée parfois au problème de clientes qui achètent à crédit et tardent à payer leur dû.



8.    Elevage de chèvres


Accordé à Kimbassa qui ira à la retraite à la fin de 2016, ce projet est en train de prendre forme ; il s’agit d’un élevage de chèvres, avec des boucs de race améliorée. Les hangars pour les chèvres, le logement du gardien et magasin, ainsi que les latrines sont construits. Un berger s’occupe de la douzaine d’animaux déjà achetés.

Prochaine étape : clôturer un espace pour les chèvres et achat du solde des animaux.



9.    Transformation et commercialisation de produits maraîchers


Après avoir étudié en Suisse, la demande présentée par l’association de femmes de Bandiagara « Tinnitare », nous avons souhaité que quelques modifications y soient apportées. Celles-ci ayant été faites, nous avons pu promettre à Coumba Diallo, la présidente d’entrer en matière au début de l’année 2017. Ce projet vise l’autonomie de femmes en quête de compétences, d’emplois et d’occupations utiles et une meilleure situation financière. L’engagement de ces femmes et leur détermination sont un gage de la réussite de ce projet.



LES CULTURES



Par RFI, Publié le 12-11-2016 :

« Au Mali, le fleuve Niger est considérablement monté en 2016, c'est la plus grosse crue de ces 50 dernières années. La région la plus touchée se situe dans le centre du pays aux alentours de Mopti. Plus de 100 000 hectares de culture ont fait les frais de la montée des eaux. 

Mopti est située au croisement du fleuve Niger et du fleuve Bani. L'agent chargé de relever le niveau de l'eau est ébahi devant l'échelle de mesure : 6,30 mètres, on n’a pas vu ça depuis des dizaines d'années. Première victime de cette montée des eaux, les cultures, car 120 000 hectares ont été détruits. Mais la crue n'est pas la seule responsable, cette année les aléas climatiques se sont associés.

« Il y a plusieurs systèmes de riziculture dans la région, explique Ousmane Camara qui travaille à la direction régionale de l'agriculture de Mopti, donc il y a un système qui a été touché au niveau de la riziculture où il n’y a pas d’aménagement pour maîtriser l’eau, il s’agit de la submersion libre. Donc là-bas, l’eau, la crue, a été très forte et les plants ont été noyés. Aussi, la zone sèche où on cultive le mile et le sorgho, il y a eu un arrêt des pluies fin septembre, début octobre, ce qui a provoqué des pertes de superficies aussi. »

Quelque 120 000 hectares, cela équivaut à près de 10% des surfaces cultivables de la région. Une réelle catastrophe qui ne pourra être réellement mesurée que dans quelques mois. Abderamane Koné est agriculteur à Sofara, un village à 70 kilomètres de Mopti, pour lui, « le plus dur, cela va être en février, quand la récolte sera terminée et que l'on va se rendre compte qu'au final, nous n'aurons rien à manger. »

Le champ d'Abderamane ressemble désormais à un vaste marécage. Le fleuve, lui, a amorcé sa décrue. »


Ajoutons que des invasions de criquets ont aussi participé à la destruction des récoltes.



SECURITE


A ce propos, nous n’avons rencontré aucun problème. Les attaques terroristes se déroulent essentiellement dans le nord-est du pays (Kidal, …) et visent en général des objectifs bien ciblés : convois militaires, convois de la Minusma, postes de surveillance, personnalités. Il existe aussi du banditisme, plus répandu et plus dangereux qu’auparavant, car plus lourdement armé (kalachnikov).

A Bamako, il faut évidemment éviter les grands hôtels de luxe pour touristes et autres lieux publics ainsi que les déplacements nocturnes.

Mais est-il vraiment plus risqué de voyager au Mali qu’à Paris ??? J’en doute fortement.